Feu mon amour.

By pipobanjo

J’ai embrasé l’aube d’été.
Je ne me suis pas retourné.
Simplement je suis parti et tout s’est mis à cramer.
Depuis le temps que ça couvait.
Tout un hiver sous l’éteignoir mais ça n’a rien changé.
Il a suffi que le vent du sud se lève, un tison dans la braise, et tout s’est accéléré.
Je suis parti.
Je ne me suis pas retourné.
Derrière moi je l’entendais grésiller.
J’ai continué à avancer ;
beaucoup de bruit  – elle a fini par exploser – puis il n’y eut plus de bruit.
Quelques cendres flottaient légères dans l’air tiède du matin.
Enfin.
Un jour nouveau, une saison nouvelle, et j’étais à l’air libre.
Alors j’en ai profité, je ne m’en suis pas privé, j’ai embrassé l’aube d’été.

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3 réponses vers «Feu mon amour.»

  1. Audine dit :

    C’est comme ça parfois qu’on entre dans une nouvelle saison.
    Un texte étrange, un peu violent, un peu orange.
    Comme une poésie de renaissance.

  2. soleildebrousse dit :

    Je poursuis ma lecture à rebours. Du coup, cela provoque un tas de petites surprises comme celle-ci. Poésie. Avec un début à la façon de…
    C’est doux comme un duvet de plume abandonné au vent.

  3. pipobanjo dit :

    …Arthur tellement vivant (regardez il inspire encore…ü)
    Merci.

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